Au Cameroun, la difficile vie des entrepreneurs agricoles
Problème foncier, manque de financement, difficile accès à la matière première, mauvais état des routes… Agripreneurs d’Afrique a rencontré une vingtaine d’entrepreneurs agricoles.
En découverte: Le rap pour encourager les jeunes à se lancer dans l’agriculture
Bonnet blanc sur la tête, masque sous le nez et tablier noué aux hanches, Raoul Ulrich remplit du « Me zan » (vin de raphia en Ngombale, une langue de l’ouest du Cameroun) dans des bouteilles cassables. Mains gantées, il se sert d’un gobelet en inox pour puiser du vin de palme dans un bac de remplissage stérilisé et nourrir des contenants de 33 centilitres avant de les fermer à l’aide de capsules.
Une fois l’opération terminée, les bouteilles sont disposées dans un pasteurisateur. Elles sont par la suite assemblées par pack de six et destinées à la vente. Mais avant cette étape finale, le jeune entrepreneur agricole, a suivi un long et laborieux processus allant de l’achat de la matière première à la conservation et traitement de son vin. Un chemin parsemé de nombreuses difficultés vécues par d’autres fournisseurs de Me Zan, que de nombreux camerounais surnomment affectueusement « matango ».
Manque de matière première
« Mon but est de produire un vin nature et pur comme au champ. Un vin qui n’est pas mélangé avec d’autres produits » pour ne pas courir le risque d’intoxication alimentaire, précise Ariane Nguebou qui commercialise son vin de raphia à Douala, la capitale économique du pays, via les réseaux sociaux. Chaque jour, cette jeune mère célibataire de 40 ans ayant à sa charge 3 enfants, consacre 10 heures de son temps à cette astreignante activité qui la passionne.
Munie de bidons de 20 litres, elle se rend dès 4 h du matin dans les palmeraies de Tiko, dans le Sud-ouest anglophone. Ariane se ravitaille directement à la source, auprès de vignerons qui lui vendent du vin fraîchement cueilli des vignes. « Je mets aussitôt un stabilisant pour détruire les microbes, car avec le temps et le soleil, la transformation est rapide », dit-elle.
En deux années, la jeune quadra a réussi à constituer une clientèle fidèle. Mais, ces derniers mois, Ariane ne parvient plus à satisfaire toutes ses commandes. La matière première manque ce qui affecte drastiquement son chiffre d’affaires mensuel passé de 300 000 à 100 000 Francs CFA.
Raoul et Ariane ne sont pas les seuls entrepreneurs agricoles limités par le manque de matière première. En trois mois, Agripreneurs d’Afrique a rencontré et interrogé 20 transformateurs. 80% d’entre eux font face au même problème.
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En découverte: Le rap pour encourager les jeunes à se lancer dans l’agriculture
Diplômé en entrepreneuriat agro-pastoral, Louis-Marie Essomba, 28 ans, chante pour leur montrer que « sous la terre, il y a un trésor ».
«Je suis un jeune entrepreneur qui a osé choisir de se salir les mains pour de meilleurs lendemains. Je préfère souffrir (…) L’agriculture, l’élevage, tout va de pair, ne pleure pas mon sort car, j’ai trouvé mes repères ». Le son est limpide et la voix grave, parfois rageuse.
Très bonne lecture et à samedi prochain!





